hervé marchon

journaliste web
producteur et réalisateur sonore


Ambiance inédite aux Ecoutes Binouzales #4 : on a beaucoup parlé (surtout Carine ;-)) et moins écouté. Mais peu importe : l'air était doux et septembre mourait sûrement.

Alexandre Plank qui revenait des délibérations du prix Phonurgia avec un mal de tympans corsé (deux jours d'écoute, ça donne envie de tuer Pierre Schaeffer) a, entre deux bières, fait écouter une oeuvre non primée catégorie field recording qu'il avait repérée (elle n'est pas disponible en ligne, désolé). Il aurait pu faire écouter Le Chagrin, une pièce qu'il a coréalisée pour France Culture et qui deux jours après les Binouzales a été primée au prix Italia. Modeste, il ne l'a pas ramenée.

Amandine Casadamont, absente, nous avait envoyé un teaser exclusif de Eclat de l'homme qui dort, une pièce qui sera diffusée sur France Culture le 2 février prochain. Vous n'étiez pas là, tant pis pour vous.

Après ces agapes, l'actualité du podcast a monopolisé nos conversations. Un nouveau gimmick s'impose : l'interpellation de l'auditeur. Il faut le prendre par l'oreille, lui raconter ce qu'il va écouter avant qu'il n'écoute. Une façon de faire que Transfert, la série sonore de Slate, a adoptée. Et qui a désarçonné Arte radio, seule sur le marché des podcasts depuis bientôt 15 ans. Alors Silvain Gire, son patron s'est mis à l'édito parlé. Mais quelque chose est grippé, non ?


Pourquoi ne pas tenter la relaxation sonore ou ASMR ?(?Autonomous Sensory Meridian Response?) ? Tu écoutes des voix chuchotées qui te racontent platitudes, calinotades et autres niaiseries et tu dors.

C'est Carine ?Fillot ?qui a fait découvrir ces vidéos qui comptabilisent des centaines de milliers de vues. L'alccol aidant, on a plus ri que dormi.? Dissipés : Carine parlait de la ?conférence qu'elle venait de donner sur l'avenir du son quand d'autres débattaient des bienfaits du binaural ou des chances du réseau social sonore Anchor : disparaitrait-il comme Bubble ?

Elie a mis tout le monde d'accord avec une fin musicale : Imarhan ?et son apaisant? ??"Alwak? ?Alwak".
? .

Prochaines Ecoutes Binouzales, bientôt. Surveillez vos réseaux sociaux.??




Radio : quelle place pour les auteurs ?
Une enquête que j'ai eue le plaisir de mener et de rédiger pour la Scam. Plus de 50 pages sur les perspectives et l'avenir de la création radiophonique (ce n'est pas un gros mot) dans un paysage radio fait de talk, de news, et de musique, au moment où le podcast retrouve un nouvel essor.


La troisième édition des Ecoutes Binouzales a été calme. Mais épicée : avant les tympans, le dahl de lentilles a excité les papilles. Calmées par quelques lampées de bière comme il se doit. Nous étions dix autour de la table, des bouteilles et des enceintes.
Comme de coutume désormais, c'est Amandine Casadamont qui, la première, a fait tourner les platines avec «Sleppet» de Chris Watson, une oeuvre audionaturaliste dont l'artiste est spécialiste. Elle n'est pas disponible en ligne, mais on peut se faire une idée de son travail en écoutant «Freezing» sur Silence Radio. «C'est très "Bernard Fort"» a dit Aline Pénitot qui s'y connait. Oui, aux Ecoutes binouzales, on a des références très haut de gamme.


Autre genre, on a écouté quelques sons du site Trésors publics dont «Ca vole !» Thomas Guillaud-Bataille a reconnu le producteur Jack Souvant. Oui, aux Ecoutes Binouzales on a de la culture radio. Mais tout le monde peut participer, hein.

Léa Minod a ensuite fait écouter sa production «A Quoi tu joues ?» qui avait été diffusée sur France Culture dans la semaine. Un documentaire qui s'intéresse à nos jeux intérieurs, à l'enfant, réprimé, qui se cache en chacun de nous, et qui donne envie de descendre l'escalier à cloche-pied.


Variation musicale grâce à Elie qui était venue avec le CD-4 titres de son groupe Nina Fisher . Elle voulait écouter la quatre mais on a commencé par la deux. «Crocodile» et «L'Indien», deux titres où les sons deviennent musiques.


Enfin Aline a clôt les Binouzales par du lourd, du consensuel, de l'incontestable : Yann Paranthoën et son «Portrait d'Irène». Là-dessus, on a finit les bières, les M&M's et les fraises. Restait à faire la vaisselle, remise au lendemain.

Prochaine édition des Ecoutes Binouzales, bientôt.





Libé - Les meilleurs titres. 200 pages pour célébrer la fantaisie et le génie des titres de Libération. Près de 400 titres des années 70 à nos jours. Et des histoires et des anecdotes : la naissance de ce style, sa transmission, ses règles, ses audaces et ses évolutions. Parution le 3 mars.


C'était la deuxième édition. Aux Ecoutes binouzales : on écoute des sons, on boit de la binouze. Sauf quand Amandine apporte du champagne. Mais on accepte toutes les bulles. Et puis elle avait un prétexte : elle était venue avec Chantal Champagne, un personnage qu'elle avait créé pour des mini-fictions d'été sur France Inter. Malgré le temps, c'est toujours drôle.
Avant Chantal, c'est le "Dialogue ordinaire avec une machine" de Luc Ferrari qui nous a fait rire (on peut l'écouter sur Deezer). On dirait Gaston Lagaffe dans une cabine téléphonique en train d'ouvrir une bombe de peinture. Pschiiit, peinture fraîche !
Luc Ferrari c'est ce jeune en costard cravate qu'on a reconnu en train de maltraiter des pianos dans cette vidéo qui donne envie de faire le con en studio hein ?

Pause musicale avec Christine Salem que Manuela avait dans la poche (sous forme de clé usb) : un titre pas encore sorti en France métropolitaine. Ouais, aux Binouzales, on écoute de l'inédit ! Au même rayon, la jolie production de Violaine qui met en ondes les cauchemars qu'on lui raconte. Elle a composé la bande sonore sur MusineKit. Très réussie.

Après je perds le fil. Je suis sûr qu'on a écouté les pastilles "Le MP3 c'est cool", les chroniques de Trash info campus et les bébés jumeaux au phrasé mitraillette.

Mais dans quel ordre ? Et pourquoi en est-on arrivés là ? Parce que la bouteille de champ' était vide et que les bières étaient bien entamées.
On se tient droit. On se lave les main. On mange proprement (un boeuf carottes succulent, je sais ce que je dis, c'est avec moi qu'il a mijoté) et on revient au sérieux. Aline avait rapporté du festival Earsay en Irlande un "Military 1.0" de Meira Asher noir comme un vendredi 13. Luc Ferrari est revenu choisi par Chloé pour un "Unheimlich Schön" qu'on a écouté accompagné par le ronron du frigo.

Et on est reparti en musique avec l'incroyable "L'Atelier" de François de Roubaix dans sa version revisitée par Fred Pallem et sa version originale. On a aussi comparé La St Stefanus, une bière belge, et la Pilsner Urquel, une bière tchèque.

Est-ce que je dois en parler ? Allez oui. La deuxième édition des Ecoutes Binouzales s'est achevée par du Johnny. Voilà où nous mène nos divagations sonores. "Je suis fou comme une tomate" chante Hallyday. Son parolier aurait mieux fait de boire.


Aux premières écoutes binouzales, on a beaucoup écouté et pas mal binouzé. Il reste des souvenirs et quelques cadavres de bouteille, une vaisselle à faire et le plaisir d'une belle soirée inédite. Elie a débouché la première bouteille, Amandine a envoyé le premier son. Nous avons écouté Josh, atteint du syndrome de Tourette. En anglais, c'est tout aussi surprenant qu'en français. Amandine Casadamont a ensuite joué les DJ en jouant Leslie Garcia. Qu'on aurait pu marier à Phil Reptil, ramené dans son sac pas en croco, par Nina Fisher alias Elie. On a trinqué. Du reptile aux monstres, un pas franchi presque sans alcool par Hélène Cœur avec ses petits monstres. Cécile Radioteuse, qui dégustait pourtant du fromage, a dégainé le must sonore de la semaine, celui dont tout le monde parle A Blind Legend. Mieux encore, elle nous a fait écouter cette Discussion avec la Douleur qui nous a laissé sans souffle. On a débouché une nouvelle bouteille. Une Goudale je crois. Violaine Ballet, encore sous l'effet des analgésiques, a sorti de son smartphone un son enregistré en gare. Où Simone, la voix de la SNCF parait parler sous acide lysergique. Ici aussi Simone est drôle. Ensuite, on ne sait plus très bien. Où en était-on ? Au Japon, sur un pont. Un guitariste chantait "Paint it black" en japonais. Et en accéléré ! Là-bas, il devait être 7h du matin. Comment en est-on arrivé là ? En passant par la Louisiane avec Cerise Maréchaud qui a envoyé une carte postale un peu gondolée sans doute. Mais aussi après la célébration d'une Messe (pour le temps présent) par Thierry Balasse et la Compagnie Inouie. Preuve que le son est une langue vivante qui s'enrichit sans cesse de nouveaux idiomes. Tiens, voilà le drôle de langage de Radio cousue main qui a bercé la fin de cette première soirée des Ecoutes binouzales.


Dans mon casque j'écoute les claquements des sabots des chevaux de la Garde républicaine sur les pavés de l'avenue Ledru-Rollin, le vrombissement du Concorde qui secouait les murs de la maison et qui déclenchait nos cavalcades dans l'escalier pour voir passer l'avion depuis le jardin, le rythme des vagues qui sonorisait nos longues vacances normandes et nous rendait sourds après une journée de plage. Plus tard, un dictaphone, un logiciel libre, beaucoup d'enthousiasme et une part de naïveté ont été mes premier outils de production. C'est l'aventure sonore. Faire de la radio sans en faire. S'affranchir des formes, des horaires, des savoirs-faire. Casser les codes. Savoir privilégier les ambiances, les voix nues, respecter les silences, peaufiner le montage, le mixage. Placer son micro ailleurs, l'insérer dans les interstices des récits. Trouver d'autres angles, éliminer les commentaires journalistiques. Devenir son propre auditeur. Respecter le son pour ce qu'il est. Aller dans son sens.